Retour sur l’atelier de relevé d’architecture à la villa Grassi – 24 mars 2026

La villa Grassi désigne les 675 m² de vestiges d’une maison romaine découverte en 1957 et classée aux Monuments Historiques le 30 octobre 1958. Ses vestiges se trouvent à l’intersection des rues des Nations, de la Liberté et de l’avenue de Grassi, un quartier résidentiel d’Aix-en-Provence. Le site est situé à quelques minutes à pied de la Cathédrale Saint Sauveur. Quartier fouillé dès 1940, c’est en 1956-1957 que le projet de construction d’une école entraîne la reprise des fouilles. Elles révèlent l’existence de plusieurs maisons romaines et redonnent toute son importance à la domus de l’avenue de Grassi dont les vestiges seront conservés et aménagés.

Animé par Alain Badie et Guilhem Chapelin, architectes et ingénieurs de recherche à l’IRAA, l’atelier a permis aux étudiants de travailler une journée sur le terrain afin de se familiariser avec les méthodes de relevé manuel, le vocabulaire et la typologie documentaire des études en architecture antique. Aimablement mis à disposition par la Direction Archéologie de la mairie d’Aix-en-Provence, la villa Grassi offre un cadre exceptionnel dans une domus romaine organisée autour d’une cour à portique dit rhodien. D’origine hellénistique, ce dernier se caractérise par une galerie dont la toiture était plus élevée sur l’une de ses ailes, lui donnant une monumentalité remarquable.

Programmé le 24 mars 2026, cet atelier a réuni cinq étudiants de première et deuxième année de master en archéologie et a été divisé en deux parties : un atelier « relevé d’une coupe au niveau de chantier » et un atelier « dessin de bloc et dessin de profil de mouluration ».

Relevé d’une coupe au niveau de chantier :

Après quelques explications théoriques sur le choix de l’échelle et la méthode, les étudiants ont tendu un décamètre pour prendre des mesures horizontales. Ils ont ensuite appris à mettre le niveau de chantier en station et à le « mettre en bulle » de façon à pouvoir lire des mesures verticales. Les points relevés ont été placés sur un papier millimétré pour dessiner une coupe. Ce procédé reste le plus utilisé sur les chantiers archéologiques pour la réalisation des coupes stratigraphiques en levant des niveaux de terrain au fur et à mesure des fouilles.

 

Dessin de bloc et dessin de profil de mouluration : 

Les étudiants ont dessiné les profils de moulurations d’une base de colonne bilobée et d’un chapiteau toscan. Après avoir dans un premier temps fait un croquis à l’œil qui permet de comprendre et noter les différentes moulures et leurs proportions, au moyen d’équerres et de réglets, ils ont mesuré les hauteurs et profondeurs des points remarquables pour enfin dessiner une minute à l’échelle du profil en apprenant le vocabulaire spécifique de ce type de matériel archéologique.

Journée de terrain fructueuse qui a permis aux étudiants de mettre en pratique le vocabulaire de l’architecture antique et des différentes parties d’une domus (péristyle, cour à portique, impluvium, fauces…), de la composition d’une colonne (plinthe, tore, listel et scotie) sans oublier les types de documents que les architectes archéologues produisent dans le cadre de leur activité (relevé, coupe, plan…).

 

Cet atelier professionnel a été l’occasion de rendre hommage à nouveau à Jean-Marie Gassend qui avait repris les fouilles et les études de la villa Grassi dans les années 1980. Il est l’auteur du décor en trompe-l’œil visible sur les photographies. Il est aussi l’auteur d’une restitution de la maison de Grassi et d’une aquarelle publiées dans l’ouvrage Évocations de la Provence antique. Diachronie à l’aquarelle.[1]

 

 

Enfin, pour les internautes intéressés, une reconstitution 3D de la villa Grassi a été réalisée par la Direction Archéologie de la ville d’Aix-en-Provence, elle est accessible ici : https://eadm-secure22.mairie-aixenprovence.fr/visite-virtuelle/grassi/

 

[1] J.M. Gassend, M.F. Giacobbi-Lequément, Évocations de la Provence antique. Diachronie à l’aquarelle, Édition de l’Association Archéologique d’Entremont, Aix-en-Provence, 1987. p. 13 – Voir aussi l’article de J.M. Gassend, La villa Grassi : un jardin archéologique public, in : Faut-il restaurer les ruines ? Actes des Colloques de la Direction du Patrimoine, [Mémorial de Caen, novembre 1990]. Paris : Direction du Patrimoine, 1991. p. 111-113 et sa bibliographie.

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