Soutenance de thèse de Sébastien Cabes « Les élites et leurs habitats dans les campagnes d’Aquitaine méridionale à l’époque romaine (Ier s. a.C. – VIIe s. p.C.) : société, espaces, environnement » – 3 juillet 2026 – UPPA

Soutenance de thèse de Sébastien Cabes – Les élites et leurs habitats dans les campagnes d’Aquitaine méridionale à l’époque romaine (Ier s. a.C. – VIIe s. p.C.) : société, espaces, environnement.

sous la direction de François Réchin

Vendredi 3 juillet 2026 – 14h – Université de Pau et des Pays de l’Adour

Mots-clés : Aquitaine romaine, Villae, Élites, Architecture, Occupation du sol, Stratégies d’implantation

Résumé :
Cette thèse portant sur les élites romaines d’Aquitaine méridionale propose une analyse de façon multiscalaire afin d’organiser notre plan de travail : – Il s’agirait tout d’abord de percevoir à grande échelle, celle de l’habitation du dominus, les critères qui permettent de définir ce que l’on peut appeler une “élite rurale”. Pour cela, les textes et l’épigraphie seront largement complétés par une étude des structures architecturales permettant de définir ce que l’on entend par uilla et de voir si des spécificités aquitaines existent ou se créent dans le temps, et à quels rythmes. L’objectif est donc double, établir la classification la plus fine possible des partes urbanae et d’y percevoir ainsi des marqueurs de modes de vie et donc propres à des catégories sociales variées et multiples. Si la période tardive a été étudiée en profondeur, il nous paraît intéressant, non seulement d’y intégrer des structures tardives pas ou peu prises en compte par le passé, et de réaliser le même travail sur les sites du Haut-Empire. Il s’agira donc, de percevoir dans le temps long, l’évolution des établissements ruraux d’Aquitaine méridionale. Cette synthèse aura ainsi la prétention de réviser la bibliographie ancienne et de la compléter par des données plus récentes (prospections, sondages et fouilles réalisées depuis les années 1990) afin de prendre du recul sur l’évolution des structures à l’échelle d’une province. – Ensuite, l’analyse pourrait se concentrer sur une échelle intermédiaire, celle du domaine, du fundus. Il s’agirait alors de cerner avec précision les modalités d’implantation de ces exploitations le plus souvent agricoles d’un point de vue agronomique. La question des productions sera évidemment posée. Nous nous confronterons nécessairement au problème de la taille et du contour de ces domaines. L’étude des cadastres anciens et récents aurait pour objectif de percevoir d’éventuels parcellaires antiques, dont la restitution, même hypothétique, permet de mieux comprendre le rôle de la uilla dans l’encadrement de l’espace. Ce serait une étape supplémentaire pour affiner la classification des sites. Une attention particulière serait portée au devenir des domaines durant l’Antiquité tardive afin de voir les éventuelles permanences et mutations. Une analyse pédologique des terroirs pourrait être menée en fonction de la disponibilité des ressources cartographiques (cartes pédologiques, géologiques et hydrographiques). Des « zones tests » constituant des études de cas pourraient ainsi se dessiner. Il serait ainsi intéressant de faire le rapprochement entre la multiplicité des terroirs et la pérennité et l’enrichissement de certains sites sur toute l’Antiquité à l’image de ce qui a été fait en Bourgogne du Nord. – La dernière étape de cette étude se focaliserait sur l’encadrement et l’organisation des campagnes à petite échelle, celle des ciuitates. Il s’agira de prendre du recul sur les phénomènes observés précédemment en tenant compte des transformations administratives opérées entre le Haut-Empire et l’Antiquité tardive. Les frontières de cités changent dans certains cas. À cette échelle, il serait possible d’observer la mise en relation des différentes structures avec les uillae et tenter d’y observer d’éventuels réseaux (voies de communication, chefs-lieux, agglomérations rurales secondaires,…). Une possible analyse factorielle des données pourrait être un outil majeur dans cette approche. Le SIG jouerait aussi tout son rôle, surtout lorsque nous tenterons de voir l’organisation générale de la province. A travers les sources littéraires et épigraphiques nous essaierons d’entrevoir les mobilités, tant géographiques que sociales, des catégories sociales les plus élevées.

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